Eating animals.*

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J’ai enfin terminé ce livre.

Il faut savoir que je ne me suis jamais vraiment intéressée à la situation de l’élevage industriel, des problèmes climatiques qu’il entraîne, ou au végétarisme. Je crois même qu’aucun de mes proches n’est végétarien. Je n’ai donc jamais été confronté à la question suivante: Faut-il manger les animaux ?, titre du fabuleux livre de Jonathan Safran Foer.

J’ai entendu parler de ce livre sur le blog de Laurelas, puis sur celui de Éléonore Bridge, et je l’avais déjà sûrement vu en librairie. J’avais envie de le lire, par curiosité. Un jour, sur Instagram, j’ai vu un pseudo débat, le thème étant « pour ou contre la #teamfoiegras ». Hashtag moqueur quand on connait les dessous de la blogosphère, mais qui méritait quand même que l’on se pose des questions sur la condition d’élevage des oies et le fait de consommer du foie gras. Ni une, ni deux, j’ai commandé le livre sur Amazon afin de me faire mon propre avis sur la question (pour information: je n’ai quasiment jamais mangé de foie gras car ce n’est pas un produit que mes parents achètent, je ne fais donc partie d’aucune « team » et je ne juge personne sur sa façon de vivre et de consommer).

Au final l’auteur n’a quasiment jamais évoqué la situation des oies dans l’élevage industriel. Par contre, j’ai découvert des horreurs (autant utiliser les bons mots plutôt que de passer par des métaphores) concernant les conditions des poules, des cochons, des vaches et des poissons. Bien sûr, je ne partais pas de rien. Même si j’ai tendance à vivre un peu dans le monde des Bisounours, je savais que l’élevage industriel n’était pas rose. Et pourtant, il y a encore pleins, pleins de choses à découvrir sur la question. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’ai pu être dégoûté de ce que j’ai pu lire, où je me suis demandée comment une telle chose pouvait encore exister, voire tolérée. On a blâmé et on blâme toujours -à juste titre- ce que les Nazis ont fait aux Juifs, et pour moi, à lire certaines maltraitances qui ont été faites aux animaux, il n’y a aucune différence entre un ouvrier vicieux et un Nazi.

En m’ouvrant les yeux, ce livre m’a fait réaliser que tout ce que nous consommons dans les grandes surfaces (et même ailleurs) avaient des conséquences massives, aussi bien sur les animaux d’élevage, que l’environnement et la préservation d’espèces menacées de disparaître, tels que les hippocampes qui se retrouvent malgré eux pris au piège dans les filets de pêche avant de mourir. Gros sentiment de gêne et de tristesse pour moi qui adore manger des gambas. Même chose pour les sushi et les hamburgers du McDo et de KFC.

Et pourtant… Même si ce n’était pas mon but, j’avais peur de ne plus avoir envie de manger des produits issus de l’élevage industriel en lisant ce livre. Cela aurait pu être possible et je me suis longtemps posé la question. Seulement, je suis née « avec ». J’ai toujours consommé de la viande, du poisson, des crustacés, des oeufs. Vous n’avez qu’à voir les plats indiens. Aujourd’hui, les membres de ma famille (aussi bien en France, qu’en Inde) achètent beaucoup de viande et de poisson. Vu que leur niveau de vie a changé, ils peuvent se le permettre maintenant. Il n’y a pas un repas où le poulet ET la viande d’agneau ne sont pas servis. Si j’avais été végétarienne, je pense que j’aurais été bien malheureuse, avec mon assiette de riz, mon chutney de mangue et ma sauce d’accompagnement aux aubergines.

Depuis que je vis toute seule, et donc depuis que je dois faire des courses pour me nourrir, j’achète souvent du steak haché, des escalopes de dinde (moins chères que celles au poulet) et beaucoup d’œufs car je fais souvent des omelettes, des quiches ou des gâteaux, dans des grandes surfaces telles que Carrefour. Je n’achète pas de nuggets, ni de poisson pané car je sais qu’on y trouve des choses pas très nettes dedans, mais à part ça,  j’avoue ne jamais m’intéresser à la qualité des aliments que j’achète: je fais surtout attention au prix (je prends toujours le produit le moins cher) et à la marque (=marque de distributeur pour avoir des points sur ma carte de fidélité haha).

Mais maintenant ? Maintenant que je sais ce qu’il se passe, vais-je continuer à participer à ce massacre ? Honnêtement, je ne sais pas. J’aime beaucoup trop la viande pour m’en passer (même si je n’en mange pas souvent) et je suis beaucoup trop gourmande pour refuser une invitation à un restaurant (surtout si c’est pour manger des brochettes japonaises à volonté). Et pourtant, la phrase de la grand-mère de l’auteur me trotte dans la tête: « si rien n’a plus d’importance, il n’y a plus rien à sauver. » (p. 350)

Là encore, vous allez penser que je vis sur une autre planète, mais peut-être qu’il est possible d’améliorer tout ça. Même si les élevages non industriels ne pourront jamais produire de manière à nourrir une planète entière, peut-être qu’il n’est pas trop tard et pas trop impossible de les soutenir. Il s’agit là d’une véritable question personnelle, question qui repose sur ce qui nous tient à coeur, sans pour autant juger le comportement alimentaire des autres, question qui reste pour le moment en suspens pour moi, car je ne sais pas quoi faire. Pour parler franchement, j’aime la viande, mais comme le dit l’auteur, « cet amour a des limites ». (p. 263)

Merci de m’avoir lu, n’hésitez pas à réagir si vous le souhaitez. :)

En bonus, quelques extraits du livre qui relèvent quelques faits importants sur la question de l’élevage industriel et de ses conséquences:

– « L’ONU résume les impacts environnementaux de l’industrie de la viande de la façon suivante: élever des animaux pour leur viande (que ce soit en élevage industriel ou dans des fermes traditionnelles) « est l’un des deux ou trois contributeurs les plus significatifs aux problèmes environnementaux les plus graves, et ce à tous les échelons, depuis le local jusqu’au mondial. » » (p. 78)

– « On déploie un filet autour du banc visé, et quand le banc est encerclé, on resserre le fond du filet comme si les pêcheurs renfermaient une bourse gigantesque. Les poissons et toutes les les créatures prises au piège sont alors regroupés et hissés sur le pont. Les poissons prisonniers des mailles du filet risquent de finir lentement déchiquetés. Mais la plupart de ces animaux meurent en fait une fois sur le bateau, où ils vont s’asphyxier ou se faire couper les ouïes. » (p. 259)

–  « Si le fait de savoir que l’on contribue aux souffrances de milliards d’animaux qui mènent des vies misérables et (bien souvent) meurent dans des conditions atroces ne parvient pas à nous motiver, qui est-ce qui le fera? » (p. 320)

(* titre original du livre)

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5 réflexions sur “Eating animals.*

  1. Etant une vraie fille de la campagne : je suis #teamfoiegras (parce que #teamsudouest)

    Cela n’engage que moi, ce livre me semble très bobo, un peu réducteur, un peu « petit ». Et puis, il ne parle pas des conditions françaises, plus réglementées qu’aux USA. Je crois que je suis un peu trop terroir pour ce livre. Evidement, les élevages industriels, c’est pas le paradis. Mais n’y-a-t-il pas des problèmes un peu plus graves dans le monde ? Comment sont fabriqués nos frippes H&M au Bangladesh, les BM en parlent ? Ah non, forcément, taper sur H&M est un peu plus compliqué et demande un peu plus de conviction que de se la jouer végétarienne et cracher sur des éleveurs qui n’arrivent même pas à boucler leurs fins de mois…

    En tout cas, ce livre pique ma curiosité ;) Et pourtant, je suis presque végétarienne vu la quantité de viande/oeuf que je mange… Et que le peu que j’achète, c’est en boucherie.

    • Comme je le disais, c’est une question et un point de vue personnels. J’aime beaucoup la cuisine (de manière générale), c’est peut-être pour ça que j’ai été touchée/concernée par ce livre… parce qu’il me fait réfléchir sur ma manière de consommer, sans pour autant me considérer comme une « bobo végétarienne ». Je sais aussi que le monde de l’élevage, industriel ou non, n’est pas rose, et je pense que mes « recherches » sur la question ne s’arrêteront pas sur ce « simple » livre. Il y a d’autres choses à savoir, plus économiques et politiques.

      C’est vrai aussi qu’il y a d’autres problèmes, disons, moins médiatisés, mais il se passe tellement de choses « graves » que c’est difficile de tout connaître et de tout pointer du doigt ou soutenir.

      Merci de ton avis en tout cas ! :)

      • Non, mais après je suis assez d’accord sur le principe. Je crois qu’on mange un peu trop de viande, et que n’est pas forcément la meilleure chose pour notre santé. Et que c’est pas forcément très éthique les élevages de poules. (Bon après comme mes grands parents étaient agriculteurs, dans le Sud Ouest (en plus), le gavage des canards ne me choque pas vraiment… Et puis, aaaaaaah, c’est tellement délicieux le foie gras,tant pis pour les canards, en plus c’est méchant. Quand j’étais petite, que mes grands parents n’étaient pas à la retraite, il y avait des canards, et ils s’amusaient à nous poursuivre et nous pincer, les bougres !)
        Mais je continue de penser que la priorité de l’information est un peu mauvaise en ce moment…

  2. Personnellement ce qui m’a choquée c’est que tu commandes sur Amazon! :p d’ailleurs un livre de Jean Baptiste Malet « En Amazonie » vient de sortir sur ce sujet (j’imagine que c’est tout aussi intéressant mais dans un autre registre que « Eating Animals » !).

    Pour en revenir à ton article : je mange comme toi, escalope de dinde, viande hachée. Et je ne me soucie pas d’où ça vient, mais du prix. Comme beaucoup de gens. Je ne me vois pas arrêter la viande, je ne saurais pas par quels aliments la remplacer ! Peut-être, quitte à garder la viande dans son alimentation, essayer de trouver des produits du coin. Je sais que ma mère achète parfois de la viande qui vient des éleveurs du département…
    à vrai dire, je n’ai pas une conscience très aiguisée concernant la condition des animaux. Ce livre a l’air intéressant pour ça en tout cas !

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